La grande diversité des masques africains, nous conduit à vous présenter différentes galeries classées selon leurs pays ou leurs ethnies d'origine. L'art primitif africain, est un monde complexe. Différentes ethnies africaines utilisaient un masque africain pour des cérémonies bien précises :
- lors des rites de fertilités, à l'occasion de la fin des récoltes
- lors des rites d'initiation, le passage de l'enfance au monde des adultes. Les jeunes devenaient ainsi des adultes avec des droits, mais conscients de leurs devoirs
- lors de cérémonies de préparation à la guerre, comme chez les Grebo du Libéria, avec un masque africain aux expressions "terribles" destinés a répandre la crainte autour de lui
- lors des funérailles, il faut capter la force vitale du défunt par la danse, mais cela n'est pas sans danger. Le masque africain est supposé protéger le danseur des attaques de l'esprit du défunt.
Au contraire des statuettes, le masque africain unit très souvent l'humain et l'animal. Un être hybride se crée, qui incorpore à l'humain non seulement la forme de l'animal, mais surtout sa force vitale. Le masque africain relie le danseur à tout ce qui est vivant dans ce monde.
Extrait de Arts Premiers de Bérénice Geoffroy-Schneiter aux Editions Assouline.
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Le masque africain.
De cette diversité artistique, j'ai choisi de présenter les masques africains, leurs caractéristiques, leurs fonctions, leurs ressources plastiques. Le masque africain est entouré de beaucoup d' ignorance ou d' idées préconçues et fausses.
Ce n' est pas un accessoire de théâtre Ce n' est pas un objet d' art décoratif, figuratif Ce n' est pas un objet d' art dans sa finalité comme nous l' entendons conditionné par notre goût européen Ce n' est pas un objet inerte Ce n' est pas un objet utilisé dans le but d' actes de sorcellerie
C'est plutôt un être sacré qui utilise le support matériel d' un homme, considéré alors comme un gardien, pour apparaître et s' exprimer. Il est vivant, il s' intègre dans un ensemble. C'est une oeuvre conçue pour provoquer des sentiments de respect, de crainte, de terreur, de courage, d' hilarité.....
Les caratéristiques d'un masque africain .
Il y a dans les masques africains deux caractères essentiels qui aident à la compréhension de ses fonctions respectives. Les masques comme institution associés aux rites et à la pratique de la danse, il s' agit des masques sacrés et des masques profanes.
Le masque africain sacré
Ils représentent les ancêtres de tous les masques, ils représentent une divinité, une force. Ils détiennent les pouvoirs religieux. Ils exercent une action propitiatoire à l'égard des puissances bénéfiques ( génies, dieux secondaires ) qui sont des intermédiaires, entre les hommes et une déité diffuse dans l' univers. Ils expriment la majesté, la sagesse, le mystère des forces surnaturelles qui les animent. Ils sont chargés de montrer l' invisible. Ils peuvent aussi éloigner les puissances du mal, ils protègent les hommes des forces maléfiques. Ils interviennent dans des cérémonies bien particulières, rites de passage, purification, sacrifice, initiation,conjuration... Ils jouent un rôle essentiel dans le rétablissement de l' ordre social. Ils représentent des ancêtres et Dieu, ils sont bons et justes. Ils punissent ceux qui apportent le désordre et l' insécurité. Ils sont les juges suprêmes. Ils détiennent les pouvoirs juridiques. Ils règlent les litiges, les problèmes de familles, de clans, de tribus. Ces masques ne sortent que pour des événements vraiment importants publiquement ou dans une enceinte privée, sacrée. On les reconnaît à leur grande jupe de raphia de palmier séché, leur coiffe énorme faite de plumes ou de peaux de bêtes ou de tissu recouvert de cauris, leurs ornements, chasse mouche,bâton, grelots aux pieds pour marquer le rythme. Le jour de sa sortie, la population se mobilise, à la fin de la cérémonie tous les assistants passent devant le masque sacré pour recevoir le kaolin purificateur.
Le masque africain profane
Cette catégorie est représentée par un ensemble de petits masques très nombreux qui se produisent au moment des fêtes de réjouissance. Ce sont des masques de divertissement. Ils représentent les ancêtres du clan de la famille, destinés à attirer l'ame de l' ancêtre et à capitaliser sa puissance vitale. Immortels, ils sont dépositaires du patrimoine culturel. Ainsi il leur appartient de raconter l' histoire, ils sont la mémoire du peuple. Ils forment une société hiérarchisée, le masque sacré est au sommet entouré par une cour d' autres masques.
Le masque africain guerrier : chargé de la conquête et de la défense du territoire. Il accompagne le masque sacré lorsqu' il s' agit de rendre la justice en cas de préjudice. Lors de fêtes, il est chargé de surveiller les comportements de tout un chacun pour détecter les mauvais éléments.
Le masque africain griot : Il est le compagnon fidèle du masque sacré. Il est un chanteur solitaire, il louange le masque sacré. Il est aussi le masque espion, il écoute, il observe, il rapporte au masque sacré. Il influence le masque sacré à être plus clément.
Le masque africain chanteur : Il est historien, généalogiste, il chante les louanges des hommes. Il est aussi danseur. Il anime toutes les fêtes. Il est indispensable pour les réjouissances comme pour les funérailles.
Le masque danseur : Il est un des premiers masques apparu. Il est le virtuose de la danse, il a une forte vitalité. Il est très souvent accompagné du masque chanteur.
Le masque mendiant : Il est à la fois en bas et en haut de la hiérarchie. Il est en quête de spécialité. En attendant d' être initié dans l' art de la danse, du chant, de la guerre, il distrait le monde par ses plaisanteries et ses mimes. Il va de case en case mendier des aliments.
Le porteur de masque africain.
Le porteur de masque africain est initié. Son identité doit toujours rester inconnue. Sa personnalité s' efface complètement. Il n' est qu' un support humain par lequel le masque africain devient accessible aux hommes.
ses fonctions.
Le masque africain est tout à la fois : vecteur essentiel de revendication d' une identité locale, généralement un personnage mythique bienfaiteur de la communauté....Il régit les collectivités. C'est une institution traditionnelle à la fois RELIGIEUSE, POLITIQUE, ECONOMIQUE, HISTORIQUE, THERAPEUTIQUE. Différents types de masques existent. Cette différenciation se fait autour de leurs fonctions.
Religieux : Il assure la médiation entre dieu, ancêtres et les hommes. Il apparaît dans les rites de passage. Il est protecteur contre les esprits maléfiques.
Politique : Le masque garantit la hiérarchie sociale. Instance suprême pour le règlement de tous les problèmes qui peuvent se poser à la communauté. Il fait respecter l' ordre et la justice. Il intervient dans toutes les décisions vitales. Lorsque le masque a parlé, nul ne peut le contredire. Ses décisions sont sans appel.
Social : il veille à l' harmonie de la communauté. Il assure la pérennité du savoir. Il assure le lien entre les ancêtres et les vivants. Il apporte au village la bénédiction des ancêtres.
Culturel : Il appartient au patrimoine culturel de l' Afrique. Il est le dépositaire de la culture d' une ethnie. Les hommes se succèdent, les peuples se déplacent, la société évolue, mais le masque reste depuis sa création le témoin de ces multiples changements et mutations. C' est donc lui qui peut rendre compte de l' évolution du peuple.
Économique : Il garantit la stabilité sociale nécessaire pour le développement. Il est le bien collectif qui appartient à l' ensemble de la famille. Il intervient directement dans la production comme élément mobilisateur des forces.
Ses ressources platiques
Il existe une corrélation absolue entre les formes et les fonctions des masques africains.
Les formes évoluent, l' artiste tente de concilier son art avec son époque. Les pièces africaines révèlent une volonté de renouvellement des thèmes traditionnels.
Mais le désir de produire des masques forts, percutants est fondamental en Côte d' Ivoire. Ces oeuvres atteignent leur but lorsqu' elles satisfont d' abord le sens esthétique ou un au delà de l' esthétique, la vision d' un infini spirituel, la beauté ou la terreur. Le masque pour être efficace devra être ravissant, témoigner d' une excellence dans l' exécution ou inversement manifester une sorte d'< horreur sacrée >. La forme stable n' est qu' un jeu de forces secrètes, de puissances vitales. L' étude esthétique de ces masques variés révèle un intérêt pour l' abstraction, épuration des formes, structurations savantes, arêtes, saillies, libre cours à la fantaisie, puissance, équilibre, jeu de symétrie et d' asymétrie, lignes évocatrices, jeux de volumes géométriques ou arrondis, bombés, jeux de courbes.
Mythe : dans un village de la région de Yougo, une antilope tua à coups de cornes plusieurs moutons et chèvres qui paissaient. Les hommes dirent alors "Pour capturer cette antilope, creusons un trou profond et mettons dedans un bouc : comme est est heureuse quand elle peut donner des coups de cornes, elle descendra dans le trou et voudra tuer le bouc, alors nous la prendrons et nous l'égorgerons". Le trou creusé, l'animal arriva. Comme il approchait, une femme répétait aux hommes : "il est dangereux d'être rencontré par le walu". Le trou n'étant pas assez profond, l'animal sortit de son trou sans faire mal au bouc. Mais l'un des hommes tira sur le walu et le blessa : rendu furieux, l'annimal chargea l'homme et l'éventra. Tandis qu'on l'emportait, d'autres chausseurs tuèrent cette antilope. Plus tard, le nani (répondant) du mort étant tombé malade, il fallut tailler un masque à l'effigie de l'animal pour conjurer son nyama.
Le masque Guédéle du Bénin : Guèlèdè est une société secrète principalement originaire des régions de Kétou et de Savè. Le masque Guèlèdè est un masque sacré, sculpté dans le bois et porté, une seule fois, par un initié. Les hommes qui portent ces masques sont vêtus de riches vêtements féminins, portent des grelots aux pieds et tiennent deux queues de cheval. Les Guèlèdè sortent afin de mettre de l'ordre dans la société : si la pluie ne tombe pas, par exemple, ou en cas de maladie. Le sens de la danse est donné par le chant et le masque est réalisé une fois le chant composé. Ce sont des sculpteurs spécialisés qui travaillent le bois. Chez les Yoruba, les masques Gelede sont bâtis sur un même principe : un visage (du type masque-heaume) et une scène qui se développe sur le haut du masque. Ceux-ci sont utilisés dans le cadre de mascarades dédiées aux femmes dans leur dimension maternelle. En fait, il semble que pour les Yoruba du Nigeria, le pouvoir des femmes apparaisse comme ambivalent : certaines pourraient être des sorcières ! L'ASE, qui est l'énergie vitale contenue en chaque être, pourrait devenir exceptionnelle chez certaines femmes et serait capable de menacer l'harmonie sociale. Seul le pouvoir collectif des ancêtres serait à même de maîtriser celles que les Yoruba appellent «nos mères». Les mascarades Gelede ont donc pour but de restaurer cette harmonie sociale en «amadouant» la partie féminine de la société. Elles sont précédées de grandes cérémonies de nuit, les Efe, au cours desquelles la parole est libre et qui sont, de nos jours, des fêtes où se jouent comédies et satires.
La culture des FON est marquée par celle des EWE à l'Ouest et des YORUBA à l'Est. Le culte Vodun est largement pratiqué par les FON. Ce terme désigne les génies intermédiaires entre les humains et la divinité suprême. D'origine Yoruba, le mot Vodun signigie "dieu". Les adeptes d'un Vodun suivent une longue initiation au terme de laquelle ils entrent dans une nouvelle vie où ils font corps avec lui. Le culte, dans lequel la danse tient une grande place, est destiné à amener l'adepte à un état de transe et d'identification au Vodun par un ensemble de rites de possession. Ce culte exporté avec le servage vers le Brésil et les Caraïbes, subit quelques modifications et prend le nom de Condomble. Les confréries Gélédé sont actives dans l'ex-Dahomey, les masques polychromes paraissent toutefois d'une facture plus rustique qu'au Nigéria. Ils sont, comme chez leurs coreligionnaires de l'Est, aveugles et portés horizontalement sur la tête. La vitalité extraordinaire des masques Yoruba et leur dynamisme culturel ont permis la transplantation et la survivance de croyances africaines dans le nouveau-monde : les descendants de ces masques se retrouvent au Brésil et à Cuba. La langue liturgique Yoruba a également partiellement survécu. L'origine du masque Guélédé remonterait à la fin du XVIIIe siècle et proviendrait de l'aire de l'ancien royaume de Ketu. La société Gélédé rend hommage aux pouvoirs spirituels des femmes âgées, designées affectueusement comme "AWON IYA WA" (nos mères). Ces pouvoirs sont utilisés au bénéfice de la société, mais lorsque ces femmes manifestent leur dimension négative, elles sont appelées "AJA" (sorcière). Les masques utilisés font référence à une grande variété de caractères et d'activités féminins et masculins. Ils apparaissent habituellement par paires. Les costumes sont chatoyants. Ces pratiques reflètent la croyance selon laquelle la prospérité d'une communauté est liée à sa fertilité. Les acteurs Gélédé sortent et dansent, leurs masques fixés sur le sommet de la tête. Ces manifestations ont lieu à l'occasion de la mort d'un membre de leur secte ou pour une fête rituelle annuelle. Chez les Yoruba, l'appartenance à un culte est une affaire d'hérédité paternelle. Une personne ne peut adopter qu'un seul Orisha. Un adorateur Gélédé ne peut pas, par exemple, consulter le devin IFA. Parmi les innombrables masques de la société Gélédé célébrant la place de la femme-mère dans l'univers Yoruba, certains peuvent faire allusion à son rôle de sorcière nocturne. C'est le cas des masques qui comportent deux oiseaux, symboles de cette activité nocturne. Une série de scarifications sur les sculptures Yoruba rattachent les personnes figurées à leur ethnie. La plus courante, représentée par trois traits verticaux s'appelle Kpélé. Toutes évoquent le coup de patte de leur animal totémique, la panthère.
Masques casques Mendé-Vaï
Les masques-heaumes de la société Sandé font partie d'une des très rares traditions africaines de masques réservés exclusivement aux femmes. Ils représentent l'esprit du démon Bundu, gardien tutélaire du Sandé et sont utilisés dans une cérémonie qui marque la fin de la période de réclusion et de l'initiation des jeunes femmes. La sculpture dun masque représente un idéal féminin. Les bourrelets de graisse figurant au cou de certains masques appartiennent aux canons de beauté de la femme mûre et sont signes de santé, de prospérité et de sagesse. Ces masques sont surmontés de somptueuses coiffures qui comportent souvent la figuration stylisée d'un sexe féminin. Afin d'éviter tout contact avec l'esprit du Bundu qu'elle personnifie, la prêtresse recouvre méticuleusement toute partie apparente de son corps. Le Sandé suggère que les femmes Mendé peuvent acquérir une connaissance égale à celle des hommes.
Au nord du pays kurumba, les masques cimier de l'antilope hippotrague, appelée Adoné, soigneusement peints de riches motifs, au long cou majestueux, interviennent surtout lors des cérémonies de levée de deuil des chefs de terre. L'âme errante du défunt est captée par le masque qui en constitue le siège et l'autel. Cette antilope est l'animal totémique de la plupart des clans Kurumba. Les sculpteurs et les porteurs de ce masque se recrutent essentiellement au sein de ces clans. Ce privilège renforce le pouvoir religieux des clans détenteurs de masques qui sont considérés comme les descendants directs des ancêtres fondateurs de la société kurumba.
Ces masques cimiers s'appelle Adoné, l'antilope femme du héros civilisateur Yirigué, principale divinité des Kurumba, ancienne population aujourd'hui acculturée aux Mossi. Des objets de ce type étaient utilisés lors de danses funéraires, regroupant plusieurs porteurs de masque, ou pour des cérémonies propitatoires agricoles.
Dan
Comme d'autres peuples de l'Ouest africain, les Dan croient leur monde séparé en deux entités bien distinctes : d'une part le village avec ses habitants, hommes et femmes, les animaux domestiques et tout ce qui est fait de main d'homme. En face, la forêt, ses animaux sauvages, ces matériaux bruts et surtout ses esprits. Le franchissement de la frontière qui sépare ces deux mondes est dangereux. Afin de préserver une résidence à ces esprits parfois redoutables, une portion de forêt vierge sera toujours conservée à proximité de tout village Dan. Les esprits sont les vrais propriétaires de la terre et les descendants des fondateurs de villages ne reçoivent leur pouvoir que d'eux. Tous les esprits attendent des sacrifices à intervalles réguliers. Pour les Dan, le masque ne représente pas l'Esprit, il est l'Esprit.
Lexique
Abstrait : l'art abstrait renvoie à des oeuvres qui ne représentent rien de reconnaissable, rien du monde sensible. Ce courant artistique propre au XXe siècle en Europe, qui utilise la matière, la couleur, la ligne pour elle-même ou renvoie dans son décryptage à des thèmes métaphysiques, se retrouve à part entière dans l'art contemporain africain comme en témoignent de nombreuses oeuvres.
Akua ba : nom donné par les Ashantis du Ghana à une poupée de bois à tête plate symbolisant la fécondité.
Ancestralité : croyance qui donne aux ancêtres décédés une place privilégiée dans l'autre monde, où leur capacité d'intervention sur le monde vivants peut être sollicitée par leurs descendants.
Ancêtres : personne à l'origine d'une famille dont on descend. Le fondateur mythique de la tribu est censé être en même temps "premier homme" et héros civilisateur. La tribu est son oeuvre puisqu'elle descend de lui et a été civilisée par lui. Parfois, cette figure d'ancêtre se confond avec la divinité surpême. Dans la pratique rituelle, c'est pour les problèmes quotidiens qu'on s'adresse aux ancêtres. Ils sont considérés comme bons parce qu'ils protègent leurs descendants, et mauvais, parce qu'ils procurent des malheurs aux vivants, afin qu'ils se souviennent d'eux.
Animisme : croyance très ancienne et largement répandue en Afrique selon laquelle toute chose, vivante ou inerte, possède une âme.
Art d'aéroport : cette appelation qualifie l'art destiné aux touristes. Il relève de la contrefaçon avec copie, répétition et stéréotypes exploités. Son aspect répétitif montre que des artistes ont compris que la logique marchande est au coeur de la création plastique. Ces productions décoratives sont adaptées aux demandes et au goût des Européens, elles reflètent le souvenir, la caricature d'une Afrique rêvée, exotique. C'est finalement l'acheteur qui en définit les codes de représentation.
Art nègre : à l'origine, nègre vient du latin "niger" qui signifie noir. L'appellation "art nègre" est apparue lors de la colonisation pour qualifier l'art traditionnel. Il fut conservé par les artistes occidentaux qui découvrirent l'art africain. Aujourd'hui, cette notion est péjorative comme celle d'art primitif, avec l'idée que le primitivisme est opposé au monde occidental, sous-entendu au monde civilisé. Donc pour la qualifier, on préfère aujourd'hui l'appelation d'art premier ou traditionnel.
Artisanat : une distinction a été faite en Occident entre l'art, qui produit une oeuvre non destinée au marché et l'artisanat qui produit des marchandises artistiques. Avec le développement du marché de l'art et son emprise sur la création contemporaine, cette distinction mérite réflexion. Néanmoins, l'artisanat désigne les créations issues de coopératives de tisserands, de teinturiers, de fabricants de calebasses et de vannerie, de groupements de sculpteurs et de peintres reproduisant des oeuvres traditionnelles, le tout destiné à la vente.
Art populaire : il est opposé à l'art dit savant et académique. C'est la catégorie la plus répandue en Afrique. On y regroupe toutes les formes d'expression ayant remplacé, complété ou développé l'art populaire traditionnel. Les enseignes peintes, les sowers, la peinture naïve, les fresques murales, l'art funéraire.
Autel : support fixe ou amovible, en terre séchée, en pierre, en bois ou en métal sur lequel on a versé, dans un but propitiatoire, à tel dieu ou à tel esprit, des libations de lait, de bouillie ou d'alcool, ou encore sacrifié des victimes amimales, poulet, chien ou mouton.
Authenticité : idée apparue avec le développement expansif du marché de l'art africain. Toute oeuvre d'art acquiert le statut de marchandise dès qu'elle entre dans un système d'échange. Les institutions de l'art doivent alors donner des critères d'évaluation de l'oeuvre pour en déterminer la valeur. Ainsi, l'authenticité sera définine par la date de la création, l'histoire de l'objet, et sa rareté sur le marché.
Awa : association masculine qui détient les masques chez les Dogon du Mali.
Banco : technique de contruction commune à toute l'Afrique de l'ouest, consistant à empiler des briques de terre crue, séchées au soleil, et à les recouvrir d'un crépi mêlé de terre, de paille et d'huile de karité assurant leur étanchéité.
Bia : siège sacré, réceptacle de l'âme de son propriétaire décédé, objet de culte des ancêtres chez les Akan du Ghana ou de la Côte d'Ivoire.
Bleu lessive : petit pain de pigments chimiques d'un bleu intense, enveloppé traditionnellement dans de la tartalane, dont se servaient autrefois les lavandières en Europe pour blanchir le linge. Avec le tissu rouge, les miroirs ou les clous de tapissier en laiton, ces petits pains de bleu utilisés dans la traite étaient particulièrement appréciés des Africains et souvent utilisés pour peindre masques et statuettes.
Blolo bla, blolo bian : statuettes représentant, dans les croyances des Baoulé de Côte d'Ivoire, les "époux de l'au-delà", de blolo (au-delà) et bla (épouse), ou bian (époux).
Bois : matériau privilégié des sculpteurs africains : il peut s'agir d'un bois très tendre (fromager pour les masques planches du Burkina et tout les grands masques destinés à être portés), d'un bois dur (bombax, ricinodendron) ou plus rarement d'un bois de fer (ébénacées). Le bois blanc, jaune ou rouge, travaillé sec, est rarement laissé naturel : on apprécie une belle patine sombre obtenue à partir de pigments et de sucs végétaux.
Bronze : alliage de cuivre et d'étain.
Calebasse : fruit de la famille des cucurbitacées cultivé en Afrique depuis l'époque néolithique, pour servir de récipient (bol, cuvette, bouteille ou cuillère), qui reçoit souvent une fine décoration gravée ou pyrogravée.
Caste : catégorie socio-professionnelle d'Afrique de l'ouest à laquelle appartiennent griots, chasseurs ou forgerons, plus ou moins déconsidérée et subissant certains interdits.
Cauris : coquillages provenant de la côte de l'océan Indien, répandus très tôt sous forme de monnaies dans toute l'Afrique de l'ouest.
Céramique : art qui concerne les terres cuites. La pratique de la céramique est souvent associée au passé car c'est l'art des civilisations éteintes. Aussi, ces objets et ces sculptures réapparaissent lors de fouilles archéologiques. Pourtant, ce type de statuaire demeure encore liée à des rituels aujourd'hui. Les pièces les plus anciennes proviennent de sites néolithiques au Mali et au Niger et datent des IIIe et IIe millénaires avant notre ère.
Chefferie : structure politique regroupant sur un territoire défini un ensemble de gens d'origines et de langues diverses, comme les chefferies du Grassland camerounais, dirigées par une fon ou mfo dont l'autorité est contrebalancée par celle d'un conseil de notables.
Cimier : sculpture prolongeant un masque ou planche fixée sur une calotte, jouant le même rôle qu'un masque.
Classe d'âge : ensemble des jeunes d'une même génération progressant graduellement dans la société et dont le prestige s'accroît avec l'âge.
Collection : les objets africains, beaucoup plus rares que les objets d'Amérique latine dans les collections anciennes de curiosité, commencent à être connus en Europe autour de 1900 grâce aux conquêtes coloniales, aux expositions universelles et à des publications périodiques.
Copie : la copie fait partie de l'enseignement initiatique du forgeron ou sculpteur traditionnel. Dans l'idée de copie, il y a celle de la perpétuation d'un modèle. Ce n'est pas une copie à l'identique. Par contre, la copie d'une oeuvre destinée à la vente est là pour répondre au désir de l'acheteur, généralement un occidental.
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